{"id":356,"date":"2025-05-29T22:36:22","date_gmt":"2025-05-29T20:36:22","guid":{"rendered":"https:\/\/yvanleclerc.org\/?p=356"},"modified":"2025-05-29T22:37:00","modified_gmt":"2025-05-29T20:37:00","slug":"deux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/2025\/05\/29\/deux\/","title":{"rendered":"Deux"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>G\u00e9meaux, double, dualit\u00e9, duplicit\u00e9, duel (\u00e0 mort)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Autrefois, je travaillais bien, j\u2019\u00e9tais bien un jour sur deux. M* m\u2019\u00e9crivait, s\u2019excusant de vivre tous les jours. Elle \u00e9tait en double, et je l\u2019acceptais un jour sur deux, justement.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant, je suis bien tous les jours, mais \u00e0 condition de faire d\u2019une pierre deux coups, de courir deux li\u00e8vres \u00e0 la fois, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>21 octobre 1996<\/p>\n\n\n\n<p>Je laisse des messages sur deux r\u00e9pondeurs. Il n\u2019y a personne. Laissez, je vous rappellerai. Je suis en attente de rappel. Fatalit\u00e9 du double. De Paris, je t\u00e9l\u00e9phonais \u00e0 une, et aussit\u00f4t \u00e0 l\u2019autre, sur la m\u00eame carte, pour les faire voisiner dans le temps, sur l\u2019espace des unit\u00e9s \u00e0 d\u00e9compter de la carte. D\u2019o\u00f9 vient&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas le mouvement qui consiste \u00e0 se d\u00e9doubler soi-m\u00eame, \u00e0 se regarder, \u00e0 se projeter, etc. Mais plut\u00f4t \u00e0 projeter \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur sa dualit\u00e9 interne, \u00e0 mettre le miroir entre deux autres, et non devant soi. Faire que le double ne passe pas par moi. Peur de mon image, de m\u2019y ab\u00eemer (dans les deux sens). Je me d\u00e9gage du jeu de double, de dupe, en suscitant le vis-\u00e0-vis silencieux de deux femmes ou hommes qui ne se connaissent pas. Puis je les fais se rencontrer.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux hommes&nbsp;: Daniel P* et Michel le fondeur. Ils deviennent amis et m\u2019expulsent. Ou je me d\u00e9barrasse d\u2019eux. Par peur d\u2019une amiti\u00e9 trop forte, homosexuelle (?), mon ami devient l\u2019ami de mon ami, je trouve un ami pour mon ami, et moi je me <em>retire. <\/em>Je sauvegarde ma solitude.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux femmes, la l\u00e9gitime et l\u2019ill\u00e9gitime. \u00c0 prendre \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de classe, de culture, de langue, de corps, etc. Puis les faire se rencontrer, dans un affrontement violent. R\u00e9sultat&nbsp;: quitter l\u2019une et l\u2019autre, parce qu\u2019elles s\u2019autod\u00e9truisent. Moi en position de hors-jeu, voyeur d\u2019une rencontre lesbienne, en position de tiers indiff\u00e9rent. L\u00e0 aussi, peur d\u2019une relation duelle avec une seule femme&nbsp;? R\u00e9introduction d\u2019un trio dans le duo, comme si j\u2019\u00e9tais la m\u00e8re d\u2019un affrontement p\u00e8re-fils, ou le p\u00e8re d\u2019une querelle jalouse m\u00e8re-fille ou s\u0153ur-s\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Aimer \u201cautant \u201d l\u2019un que l\u2019autre (si cet adverbe de quantit\u00e9 a ici un sens) n\u2019est pas les aimer <em>de la m\u00eame mani\u00e8re<\/em>, ni se demander lesquel des deux surplombe l\u2019autre sur la fameuse \u00e9chelle&nbsp;: chacun s\u2019exerce, et \u00e9ventuellement excelle dans son ordre, et pour tout dire il me semble que la maturit\u00e9 esth\u00e9tique, si telle chose existe, commence avec l\u2019admission de ce genre de pluralit\u00e9s&nbsp;\u00bb, G\u00e9rard Genette, <em>L\u2019\u0153uvre de l\u2019art. La relation esth\u00e9tique<\/em>, Seuil, coll. \u00ab&nbsp;Po\u00e9tique&nbsp;\u00bb, 1997, p.&nbsp;135.<\/p>\n\n\n\n<p>Offrir \u00e0 N* un cigare de la bo\u00eete offerte par P*.<\/p>\n\n\n\n<p>Citation attribu\u00e9e \u00e0 Bismarck&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dans un combat \u00e0 trois, il vaut mieux \u00eatre l\u2019un des deux.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>7 juillet 1997<\/p>\n\n\n\n<p>Je comprends pourquoi j\u2019ai toujours achet\u00e9, conserv\u00e9 en double&nbsp;: pour un jour d\u00e9doubler, un jour partir en emportant l\u2019un des deux exemplaires, et laisser l\u2019autre derri\u00e8re moi, dans la maison commune qui continue sans moi, moi s\u00e9par\u00e9, aux avant-postes, avec la maison commune, de la cave au grenier, comme base arri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>3 ao\u00fbt 97<\/p>\n\n\n\n<p>Il aura fallu deux fois dix ans, deux ruptures (d\u2019avec la m\u00eame femme, retrouv\u00e9e puis quitt\u00e9e \u00e0 nouveau), deux maisons principales o\u00f9 j\u2019ai beaucoup travaill\u00e9, en parall\u00e8le avec une r\u00e9sidence secondaire, deux enfants faits \u00e0 la m\u00eame femme, puis un enfant fait \u00e0 une deuxi\u00e8me, une double vie, d\u2019abord l\u2019une cach\u00e9e sous l\u2019autre, en superposition, avant d\u2019\u00eatre mise au grand jour, l\u2019une \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019autre, d\u00e9sormais, horizontalement, il aura fallu une double vie, de professeur r\u00e9unissant en lui une origine populaire et des fr\u00e9quentations savantes, de critique lui-m\u00eame scind\u00e9 en critique universitaire et en critique journalistique, selon deux styles diff\u00e9rents, d\u2019\u00e9crivain rentr\u00e9 \u00e0 pseudonyme (deux jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent), il aura fallu tous ces doubles pour faire un homme, g\u00e9meau fils de g\u00e9meau. \u00c0 chaque homme, plusieurs vies me semblaient dues (Rimbaud)&nbsp;: deux, c\u2019est peu. Ma ligne de vie qui se d\u00e9double.<\/p>\n\n\n\n<p>15 septembre 1997<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9crire un texte de bifurcations.<\/p>\n\n\n\n<p>De deux choses l\u2019une&nbsp;: tu aimes ton p\u00e8re ou tu aimes ta m\u00e8re. Si tu aimes ta m\u00e8re, de deux choses l\u2019une, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux li\u00e8vres \u00e0 la fois, faire d\u2019une pierre deux coups. Je ne travaille que sur deux longueurs d\u2019onde, quand je prends des notes pour deux projets diff\u00e9rents. R\u00eave de doubler la critique par la fiction. Par exemple le livre du p\u00e8re et un cours sur la paternit\u00e9 litt\u00e9raire, sur les filiations.<\/p>\n\n\n\n<p>Mobutu avait deux \u00e9pouses, des s\u0153urs jumelles, Bobi et Kossia. Pierre Jansen, <em>\u00c0 la cour de Mobutu. Fracassantes r\u00e9v\u00e9lations du gendre de l\u2019ex-pr\u00e9sident za\u00efrois<\/em>, Michel Lafon, 1997 (<em>Lib\u00e9ration<\/em>, 25 septembre 1997).<\/p>\n\n\n\n<p>Entre deux femmes, choisir la troisi\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Choix de Sophie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Elle \u00e9tait balance et ceci expliquant cela, elle ne pouvait pas se d\u00e9cider entre John et John. Le hasard s\u2019\u00e9tait plu \u00e0 la taquiner en leur donnant le m\u00eame pr\u00e9nom; pour le reste, rien de commun. L\u2019un \u00e9tait ce que l\u2019autre n\u2019\u00e9tait pas, et vice versa. On les aurait cru sortis d\u2019une m\u00eame op\u00e9ration de moulage, l\u2019un en n\u00e9gatif, John&nbsp;2 et John&nbsp;1 en positif. L\u00e0 o\u00f9 le premier avait les d\u00e9fauts de ses qualit\u00e9s, le second se pr\u00e9valait des qualit\u00e9s de ses d\u00e9fauts. Elle ne pouvait plus les dissocier de son esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment les d\u00e9partager&nbsp;? Il faudrait une \u00e9preuve physique, un duel pour r\u00e9gler le probl\u00e8me sentimental en passant \u00e0 un autre ordre.<\/p>\n\n\n\n<p>Se projeter dans l\u2019avenir avec l\u2019un ou l\u2019autre. Mais elle manquait d\u2019imagination.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, elle attendait, elle ne savait quoi, que l\u2019un des deux meure (victoire de l\u2019autre par abandon,), mais ce serait le meilleur qui partirait, que l\u2019un des deux tue l\u2019autre (mais comment ensuite \u00e9pouser un assassin, f\u00fbt-ce un assassin par amour, un assassin qui serait pass\u00e9 \u00e0 l\u2019acte pour lui plaire), ou qu\u2019un renonce (ce serait alors celui-l\u00e0 qu\u2019il faudrait choisir, parce que plus sensible \u00e0 l\u2019injure de l\u2019attente). La solution&nbsp;: l\u2019un et l\u2019autre, mais la morale l\u2019interdisait. Trouver un <em>modus vivendi<\/em>. Ni l\u2019un ni l\u2019autre&nbsp;: attendre un troisi\u00e8me qui d\u00e9partagerait les <em>ex-aequo<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Pas de deux<\/em>, beau titre, dans les deux sens.<\/p>\n\n\n\n<p>Paris. Je venais y fuir deux femmes, en rencontrer d\u2019autres, si possible par nombre pair, que je fuirai plus loin. Je lisais leurs lettres. \u00c7a suffisait \u00e0 mon bonheur. Elles m\u2019\u00e9crivaient qu\u2019elles \u00e9taient malheureuses, que j\u2019aurais pu choisir entre elles deux, qu\u2019elles auraient pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 que je choisisse l\u2019autre plut\u00f4t qu\u2019aucune des deux. Parfois, il m\u2019arrivait de trouver dans ma bo\u00eete deux lettres; elles avaient \u00e9crit en m\u00eame temps, leurs lettres avaient voyag\u00e9 dans le m\u00eame sac. Mais laquelle lire en premier&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce partage, cet \u00e9cart\u00e8lement, j\u2019y pense, c\u2019est celui encore de l\u2019enfant qui va et vient entre p\u00e8re et m\u00e8re pour tenter de les r\u00e9concilier, de refaire en lui l\u2019unit\u00e9 perdue du couple de ses parents. L\u2019un habitait la ville, l\u2019autre au bord de la mer&nbsp;: c\u2019\u00e9taient les n\u00e9cessit\u00e9s du travail, de la sant\u00e9, mais lui savait que la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9tait ailleurs, dans l\u2019unit\u00e9 perdue qui rendait malade et for\u00e7ait \u00e0 travailler au loin. Ils v\u00e9curent \u00e0 part, le p\u00e8re faisant la navette entre ici et l\u00e0-bas, puis pos\u00e9s dans le m\u00eame lieu, mais alors la ligne de s\u00e9paration se tra\u00e7a de l\u2019int\u00e9rieur. Et lui s\u2019\u00e9puisait \u00e0 faire la navette du m\u00e9tier \u00e0 tisser, passant la trame dans leur cha\u00eene pour r\u00e9parer le tissu d\u00e9chir\u00e9, \u00e9crivant ce qu\u2019il vivait, ce qu\u2019ils vivaient, tirant de son corps et de son cerveau ce qui ne fonctionnait plus dans le couple perdu.<\/p>\n\n\n\n<p>Droite, gauche. Avant de traverser la rue je regarde d\u2019abord \u00e0 gauche, puis&nbsp; \u00e0 droite, puis encore \u00e0 gauche. La t\u00eate tourn\u00e9e \u00e0 gauche, une voiture arrive par la droite&nbsp;; la t\u00eate \u00e0 droite, une voiture arrive par la gauche. \u00c0 chaque fois, je me fais \u00e9craser.<\/p>\n\n\n\n<p>Vrai&nbsp;\/ faux. Tourniquet. Les assassinats en Alg\u00e9rie. Commis par des islamistes int\u00e9gristes barbus. Ou peut-\u00eatre par des soldats de l\u2019arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re portant une barbe postiche d\u2019islamistes, afin de les discr\u00e9diter aupr\u00e8s de la population. Ou bien par de vrais islamistes qui se font passer pour des soldats d\u00e9guis\u00e9s outrageusement en faux islamistes, afin de discr\u00e9diter les soldats du r\u00e9gime. Etc. Seules les victimes sont toujours vraies.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ou bien<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a deux fa\u00e7ons de conna\u00eetre les hommes, disait-il&nbsp;: marcher devant soi \u00e0 leur poursuite, ou s\u2019asseoir en attendant qu\u2019ils passent, les uns derri\u00e8re les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>30 janvier 1998<\/p>\n\n\n\n<p>Je retrouve dans le plan du roman de la photocopieusse le passage suivant, \u00e0 propos d\u2019un employ\u00e9 de biblioth\u00e8que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Qui il est. Sous le signe du double. Un jumeau mort-n\u00e9 (petit fr\u00e8re qu\u2019il n\u2019a pas eu). S\u2019\u00e9puisant \u00e0 imiter. \u00c0 \u00eatre en imitant. Althusser. Carri\u00e8re d\u2019imitateur. Mais ne peut imiter que les morts. Sinon, risque de d\u00e9sint\u00e9gration. Deux maisons, deux enfants. Deux femmes.&nbsp;\u00bb \u00c9crit en marge&nbsp;: \u00ab&nbsp;quand il baise, dans le coup, envie d\u2019une deuxi\u00e8me fois&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne peux pas faire deux choses \u00e0 la fois&nbsp;: parler et conduire (si je parle en conduisant, instinctivement, je l\u00e8ve le pied), parler et plus g\u00e9n\u00e9ralement faire bouger mes mains. Ce que l\u2019on appelle un champ de conscience \u00e9troit. Je dis aux \u00e9tudiants, perdu que je suis dans mes notes&nbsp;: quand j\u2019ai deux feuilles, j\u2019en ai une de trop.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc parler et faire autre chose. Mais cette autre chose, c\u2019est aussi penser. Je ne peux donc penser et parler \u00e0 la fois. Donc j\u2019\u00e9cris. Je peux penser en \u00e9crivant, ou plut\u00f4t les id\u00e9es viennent la plume \u00e0 la main. Mais parler, non. Il faut que je pr\u00e9pare&nbsp;: je pense d\u2019abord par \u00e9crit, puis je parle d\u2019apr\u00e8s ce que j\u2019ai \u00e9crit (mais sans lire, car sinon la pens\u00e9e se paralyse&nbsp;: il faut laisser du jeu, une part d\u2019improvisation). Penser et parler&nbsp;: je fais comme en \u00e9crivant&nbsp;: je parle et j\u2019esp\u00e8re que la pens\u00e9e viendra dans la bouche comme elle vient sous la plume. Mais le plus souvent, je parle sans penser, puis je me rends compte de ce que j\u2019ai dit, parfois trop tard.<\/p>\n\n\n\n<p>17 f\u00e9vrier 1999<\/p>\n\n\n\n<p>Mallarm\u00e9, ancienne Pl\u00e9iade, 330&nbsp;: \u00ab&nbsp;prof\u00e9rer deux fois les choses, pour une certitude qu\u2019elles l\u2019aient \u00e9t\u00e9 et leur assurer, \u00e0 d\u00e9faut de tout, la conscience de l\u2019\u00e9cho&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>27 mars 1999<\/p>\n\n\n\n<p>Avant (puisqu\u2019il y a un avant et un apr\u00e8s \u2014 quoi?), je vivais un jour sur deux. \u2014&nbsp;M*, dans une lettre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Excuse-moi de vivre tous les jours&nbsp;\u00bb, parce que, non disponible souvent, je la faisais exister et rentrer alternativement, en jeu de yoyo. `<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant, je vis tous les jours et m\u00eame deux jours en un, par la sieste qui coupe la journ\u00e9e et fait que je me r\u00e9veille \u00e0 14h&nbsp;30 frais et dispos comme un matin, pr\u00eat \u00e0 commencer une journ\u00e9e pleine. Et parfois un troisi\u00e8me jour, rallongeant les deux autres, quand apr\u00e8s la pause du soir, je repars pour une partie de la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Jules Laforgue&nbsp;: \u00ab&nbsp;&nbsp;Aimes-tu deux femmes en m\u00eame temps, n\u2019en choisis aucune, car tu regretterais toujours l\u2019autre&nbsp;\u00bb (<em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, L\u2019\u00c2ge d\u2019homme, t.&nbsp;II, p.&nbsp;882).<\/p>\n\n\n\n<p>16 ao\u00fbt 2001<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ma nouvelle maison, comme dit Antoine, deux espaces de travail en un m\u00eame lieu, avec les deux bureaux, jour et nuit, tout venant et Flaubert correspondance, le mien et celui de M* et Anne, le high-tech Ik\u00e9a et le bricolage maison fa\u00e7on \u00e9colo, vu \u00e0 Valloires, celui de la nouvelle vie et celui de l\u2019ancienne. Deux ordinateurs, Mac et le PC emprunt\u00e9 \u00e0 la Fac, deux corbeilles \u00e0 papier. Comme ceux qui vivent avec deux femmes sous le m\u00eame toit. Tous les soirs, je pars vers le 112, rue ***, pas une deuxi\u00e8me maison, mais le d\u00e9sordre amoureux, la pagaye de l\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>27 f\u00e9vrier 2002<\/p>\n\n\n\n<p>Vivre un jour sur deux. Marie s\u2019excusait de vivre tous les jours, quand elle sentait que j\u2019\u00e9prouvais qu\u2019elle \u00e9tait une g\u00eane pour moi. Il me faudrait un fr\u00e8re jumeau, avec lequel je m\u2019arrangerai pour partager les jours pairs et impairs, comme les automobiles autoris\u00e9es \u00e0 rouler par temps de pollution.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>G\u00e9meaux, double, dualit\u00e9, duplicit\u00e9, duel (\u00e0 mort) Autrefois, je travaillais bien, j\u2019\u00e9tais bien un jour sur deux. M* m\u2019\u00e9crivait, s\u2019excusant de vivre tous les jours. Elle \u00e9tait en double, et je l\u2019acceptais un jour sur deux, justement. 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