{"id":291,"date":"2025-05-23T23:16:16","date_gmt":"2025-05-23T21:16:16","guid":{"rendered":"https:\/\/yvanleclerc.org\/?p=291"},"modified":"2025-05-29T21:48:10","modified_gmt":"2025-05-29T19:48:10","slug":"bilan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/2025\/05\/23\/bilan\/","title":{"rendered":"Bilans"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;retraite&nbsp;\u00bb, j\u2019entends \u00ab&nbsp;retrait&nbsp;\u00bb, le retranchement (rentrer \u00e0 couvert de la tranch\u00e9e), le pas de c\u00f4t\u00e9, le d\u00e9brayage, la lenteur&nbsp; qu\u2019on s\u2019autorise.<br>En \u00ab&nbsp;activit\u00e9&nbsp;\u00bb, j\u2019\u00e9tais actif, hyperactif, productif, dans l\u2019urgence, jusqu\u2019aux urgences (celles du SAMU). Vient le temps de prendre le temps, depuis qu\u2019on sait qu\u2019on n\u2019aura pas le temps de <em>tout faire<\/em>.<br>L\u2019\u00e2ge venant, et m\u00eame venu (belle formule de G\u00e9rard Genette), c\u2019est le temps des bilans&nbsp;: de sant\u00e9, de vie professionnelle, familiale, de la vie tout court, plusieurs vies enchev\u00eatr\u00e9es.<br>Le temps des listes.<br>Moi, Y, laissant derri\u00e8re moi<br>\u2014&nbsp;une suicid\u00e9e \u2014 je n\u2019y suis pas pour rien sans trop savoir quoi exactement&nbsp;;<br>\u2014&nbsp;quelques abandonn\u00e9es et d\u2019autres abandonnantes&nbsp;;<br>\u2014&nbsp;quatre enfants aim\u00e9s, deux + deux, de deux \u00ab&nbsp;lits&nbsp;\u00bb diff\u00e9rents, comme disent les gens de loi.<br>\u2014&nbsp;des organes ab\u00eem\u00e9s que je ne peux plus donner, c\u0153ur rafistol\u00e9, reins pierreux, yeux en voie d\u2019obscurcissement&nbsp;;<br>\u2014&nbsp;trait\u00e9 deux fois de \u00ab&nbsp;salaud&nbsp;\u00bb par deux femmes diff\u00e9rentes qui avaient leurs raisons, mais j\u2019ai oubli\u00e9 lesquelles&nbsp;;<br>\u2014&nbsp;des souvenirs et surtout beaucoup d\u2019oublis (<em>Oublieuse m\u00e9moire<\/em>, c\u2019est un beau titre, mais d\u00e9j\u00e0 pris)&nbsp;;<br>\u2014&nbsp;des pages et des pages manuscrites, journaux, lettres, romans, nouvelles, po\u00e8mes, le tout in\u00e9dit, \u00e0 quelques lignes pr\u00e8s. Qu\u2019en faire&nbsp;? les br\u00fbler sans les relire&nbsp;? les relire puis les br\u00fbler&nbsp;? les relire, en tirer un condens\u00e9, puis les br\u00fbler&nbsp;? les laisser aux enfants pour qu\u2019ils (elles&nbsp;: plut\u00f4t les filles) les jettent&nbsp;? ou d\u00e9cident de les garder&nbsp;? ou de les donner \u00e0 cette institution cr\u00e9\u00e9e par Philippe Lejeune (j\u2019ai le nom et l\u2019adresse dans le dossier \u00ab&nbsp;Autobiographie&nbsp;\u00bb, \u00e0 rechercher)&nbsp;;<br>\u2014&nbsp;des cours et des livres \u00e0 transmettre en des mains qui pourraient leur donner une seconde vie&nbsp;;<br>\u2014&nbsp;des images de soi en circulation&nbsp;; parmi les derni\u00e8res&nbsp;: cloisonn\u00e9, sans ego, cachottier, mettant les gens dans des cases&nbsp;; c\u2019est ce qui ressortait derni\u00e8rement des discours publics ou priv\u00e9s autour du pot d\u2019adieu. On ne s\u2019y reconna\u00eet pas (enti\u00e8rement), mais il faut <em>faire avec<\/em>, composer avec l\u2019image composite.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9cembre 2017<br><br>Parlant de soi, on s\u2019expose, et on s\u2019expose \u00e0&nbsp;: on se montre et on pr\u00eate le flanc. Une amie m\u2019a lu et elle m\u2019\u00e9crit. J\u2019ai attendu si longtemps avant de renvoyer un \u00e9cho que la meilleure r\u00e9ponse est sans doute de copier son message priv\u00e9 en anonymant les personnes et les lieux (beau nom d\u2019ast\u00e9ronyme, appris il y a quelque temps), sans plus de commentaires. Les autres nous servent de miroir et de m\u00e9moire, les deux plus ou moins fid\u00e8les. Mais nous savons qu\u2019ils sont plus dignes de confiance que nous-m\u00eames.<br>Voici ce que j\u2019ai re\u00e7u&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Cloisonn\u00e9, cachottier, mettant les gens dans des cases&nbsp;:<\/em> comment peut-on se permettre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ces gens-l\u00e0 se trouvaient-ils si importants eux-m\u00eames pour dire cela&nbsp;? Cela m\u2019est bien \u00e9gal que vous me mettiez dans une case.<br>Je m\u2019en fiche. Ces gens devraient vous voir comme ils ont envie de vous imaginer.<br>Les souvenirs que j\u2019ai de vous, avant R*, tournent tous autour de Victor-Hugo. Tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment autour, parce que je vous revois sortant d\u2019un petit caf\u00e9 \u00e0 l\u2019angle des rues Saint-Nicolas et Magenta, plusieurs fois&nbsp;; vous deviez y d\u00e9poser votre sac de gymnastique, ou je ne sais.<br>Il y avait cette r\u00e9putation qui flottait autour de vous, que vous \u00e9tiez tr\u00e8s intelligent, tr\u00e8s cultiv\u00e9, exceptionnel&nbsp;; je me souviens, pendant les r\u00e9p\u00e9titions de th\u00e9\u00e2tre, d\u2019une sorte de r\u00e9serve que les gens avaient en s\u2019adressant \u00e0 vous, et aussi de ce vague air de dire&nbsp;: oui, je connais Y.&nbsp;L., je lui parle et il me parle. Et ils disaient aussi qu\u2019en plus de cela, vous \u00e9tiez simple et gentil. Ils \u00e9voquaient aussi Mademoiselle C*&nbsp;: elle \u00e9tait semblable \u00e0 vous (ou vous \u00e0 elle), et vous vous \u00e9tiez intellectuellement mutuellement \u00e9lus.<br>Je ne revois pas trop votre personne \u2013&nbsp;sauf au sortir du petit caf\u00e9&nbsp;\u2013 parce que les photographies des r\u00e9p\u00e9titions ont effac\u00e9 mes souvenirs.<br>Un jour, longtemps apr\u00e8s, j\u2019ai cherch\u00e9 le nom de Gustave Flaubert dans Internet, et je l\u2019ai vu beaucoup de fois associ\u00e9 au v\u00f4tre.<br>Ensuite il y a eu R* et je vous y ai reconnu comme je vous imaginais, et non comme les autres vous ont d\u00e9peint autrefois et maintenant. Trois ann\u00e9es de suite, sans jamais de modulation n\u00e9gative dans cette reconnaissance. \u00c0 la gare, la premi\u00e8re fois, vous attendiez sur le c\u00f4t\u00e9, le long du mur, avec un air tr\u00e8s inquiet&nbsp;; et j\u2019ai reconnu cet air.<br>Il y avait, ensuite, votre appartement, la salle d\u2019eau et la cuisine en longueur, et qui \u00e9taient comme des s\u00e9pales enserrant le s\u00e9jour et les chambres. La clart\u00e9 y \u00e9tait celle du contre-jour, \u00e0 tous instants de la journ\u00e9e. La nuit, \u2026 obscure et tombant des \u00e9toiles&nbsp;!, elle semblait venir du puits de lumi\u00e8re int\u00e9rieur, au c\u0153ur de l\u2019immeuble.<br>Il y avait ensuite les lieux m\u00e9moriels, et tous ont \u00e9t\u00e9 triples en rencontres, C*, Flaubert et D* ; \u00c9*, Flaubert et J*&nbsp;V*&nbsp;; la plage d\u2019\u00c9., Flaubert et votre enfant a\u00een\u00e9, qui toujours pour moi sera ce petit gar\u00e7on \u2013&nbsp;me donnant secr\u00e8tement un des galets gris&nbsp;\u2013 qu\u2019il \u00e9tait interdit de ramasser.<br><br><em>Je ne peux pas faire deux choses \u00e0 la fois&nbsp;: parler et conduire (si je parle en conduisant, instinctivement, je l\u00e8ve le pied), parler et plus g\u00e9n\u00e9ralement faire bouger mes mains&#8230;<\/em><br><br>&#8230;Une fois au moins vous avez fait \u2013&nbsp;trois choses \u00e0 la fois. Revenir d\u2019\u00c9. en conduisant dans la nuit, en chantant&nbsp;: Depuis \u2013 longtemps \u2013 longtemps \u2013 que les &#8211; po\u00e8tes \u2013&nbsp;ont dis \u2013&nbsp;paru\u2026. Et vous faisiez flotter la m\u00e9lodie devant le pare-brise avec votre main gauche\u2026.<br><br><em>Cloisonn\u00e9, cachottier, mettant les gens dans des cases<\/em>&nbsp;?<br><br>Et ne me dites pas que c\u2019est moi qui vous mets dans mes cases\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019agraphe<\/strong> (<strong>bilan ancien, fin de d\u00e9cembre 1997 ou \u00e0 peu pr\u00e8s<\/strong>)<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Femmes et \u00e9critures<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quand Gil partit pour la deuxi\u00e8me et d\u00e9finitive fois, il dit&nbsp;: je n\u2019ai pas eu la vie que je voulais avoir. J\u2019ai rat\u00e9 ma vie. Je voulais \u00eatre \u00e9crivain. Je suis un \u00e9crivain rat\u00e9. Je suis un \u00e9crivain sans livre. Je suis \u00e9crivain, je ne suis que cela, si je vaux quelque chose, c\u2019est par l\u00e0, et personne ne le sait.<\/p>\n\n\n\n<p>Si je reste, je meurs sans livre.<\/p>\n\n\n\n<p>Si je reste, je meurs dans l\u2019asphyxie de l\u2019\u00e9crivain sans livre qui s\u2019appelle agraphie.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9pouse ne l\u2019avait pas aid\u00e9 \u00e0 devenir \u00e9crivain. Il disait, en riant&nbsp;: Tu es ma femme, j\u2019ai la litt\u00e9rature pour ma\u00eetresse. Un jour, il n\u2019a plus ri&nbsp;: il a quitt\u00e9 la femme pour la ma\u00eetresse.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais personne ne pouvait aider dans cette solitude-l\u00e0. On ne peut pas \u00e9crire \u00e0 deux, de sexe diff\u00e9rent, sauf des lettres. Tout ce qu\u2019elle aurait pu faire pour le bien de la litt\u00e9rature, c\u2019\u00e9tait s\u2019opposer violemment \u00e0 son d\u00e9sir d\u2019\u00e9crire. Alors, oui, il aurait \u00e9crit contre elle. Elle l\u2019aurait aid\u00e9 \u00e0 \u00e9crire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019amour, au d\u00e9but, fait \u00e9crire (\u00e0 l\u2019autre, \u00e0 soi), la rupture aussi. Mais entre ces deux temps forts s\u2019\u00e9tale un long temps sans \u00e9criture autre que domestique (liste de courses, etc.). Il tombait amoureux pour avoir de quoi \u00e9crire, puis il rompait quand l\u2019inspiration tarissait.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re fois qu\u2019il \u00e9tait parti, avec une femme qui \u00e9crivait sur du papier \u00e0 lettre et dans de petits carnets, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pour cette raison&nbsp;: \u00e9crire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9pouse gisait sur le lit de l\u2019enfant, jet\u00e9e en travers, les poings dans l\u2019oreiller, \u00e9touffant ses pleurs. \u00ab&nbsp;Les cris vains, les cris vains&nbsp;\u00bb, se disait-il, en se retournant.<\/p>\n\n\n\n<p>Il attendait la rencontre qui lui donnerait \u00e0 \u00e9crire, la femme par qui une histoire lui arriverait.<\/p>\n\n\n\n<p>Il avait tout quitt\u00e9, femme, filles en bas \u00e2ge, maisons, parents, amis, en se disant&nbsp;: c\u2019est pour l\u2019\u00e9criture. Il abandonnait ses filles pour \u00e9crire le livre de ses filles.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand il d\u00e9diait un livre \u00e0 ses filles, il \u00e9crivait&nbsp;: \u00ab&nbsp;pour me faire pardonner de tout le temps que je t\u2019ai pris&nbsp;\u00bb. Sa femme aurait voulu, pas un exemplaire d\u00e9dicac\u00e9, mais le livre d\u00e9di\u00e9, \u00ab&nbsp;\u00c0 ma femme&nbsp;\u00bb, \u00e9crit sur la page de faux-titre. Comme tous ses coll\u00e8gues, qui remerciaient publiquement leur ch\u00e8re \u00e9pouse qui leur avait permis de travailler, qui les avait support\u00e9s, etc. Mais lui, non. Il n\u2019\u00e9tait pas question qu\u2019il \u00e9crive le pr\u00e9nom de sa femme sur un livre, m\u00eame un livre qui parlait des livres des autres. Entre la litt\u00e9rature et sa femme, il ne devait y avoir aucune commune mesure. C\u2019\u00e9tait comme \u00e7a, il l\u2019avait choisi ainsi, une femme non-litt\u00e9raire, une femme scientifique, sans la possibilit\u00e9 de partager avec elle ce qui comptait le plus, parce que ce plus n\u2019est pas donn\u00e9 en partage, mais doit se conqu\u00e9rir dans la solitude et dans l\u2019incompr\u00e9hension.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019\u00e9pouse sans lettres, il gardait les mots \u00e9crits sur des feuilles arrach\u00e9es de l\u2019agenda&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c9tends le linge. Bisous&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019\u00e9pouse non-litt\u00e9raire, il \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 ce r\u00e9sultat de ne pas \u00e9crire, ou plut\u00f4t d\u2019\u00e9crire tout le temps sans faire \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec la ma\u00eetresse litt\u00e9raire, il n\u2019avait pas fait \u0153uvre non plus, paralys\u00e9 par la force de son \u00e9criture, par sa violence \u00e0 d\u00e9truire les traces \u00e9crites, les siennes \u00e0 lui, les siennes \u00e0 elle.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s qu\u2019il s\u2019\u00e9tait trouv\u00e9 dans le grand appartement sans meuble, il s\u2019\u00e9tait mis \u00e0 \u00e9crire \u00e0 m\u00eame la moquette, \u00e0 quatre pattes, \u00e0 plat ventre, comme un animal, une b\u00eate d\u2019\u00e9criture. Elle lisait ce qu\u2019il \u00e9crivait, et elle n\u2019aimait pas. Elle trouvait qu\u2019il \u00e9crivait la laideur, sa laideur \u00e0 lui dont il barbouillait le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle \u00e9crivait elle aussi. Il lisait, et trouvait beau. Les plus belles choses qu\u2019il ait lues, c\u2019est elle qui les a \u00e9crites. Mais elle d\u00e9truisait au fur et \u00e0 mesure. Elle br\u00fblait. Il savait que se trompent ceux qui pensent qu\u2019il n\u2019y a pas de grandes \u0153uvres in\u00e9dites, que toutes les \u0153uvres fortes trouvent un \u00e9diteur. Ce qu\u2019il avait lu de plus beau, il \u00e9tait seul \u00e0 l\u2019avoir lu, ses yeux en avait parcouru les pages juste avant les flammes. Ceux qui publient font acte de faiblesse&nbsp;: donner \u00e0 un \u00e9diteur la beaut\u00e9 qu\u2019ils ont mise au monde. Mais elle \u00e9tait de la race des forts, de ceux qui n\u2019ont pas besoin d\u2019un premier lecteur pour commencer \u00e0 \u00e9crire ni de la critique pour continuer, de ceux qui \u00e9crivent pour eux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Gen\u00e8se<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis qu\u2019il savait \u00e9crire, il \u00e9crivait. Son premier mot, trac\u00e9&nbsp;: <em>pyjama<\/em>. Puis des milliers de pages noircis \u00e0 propos du m\u00eame sujet, autour du m\u00eame sujet&nbsp;: le p\u00e8re. Il n\u2019avait pas d\u00e9pass\u00e9 cet unique objet, le p\u00e8re. Et rien de montrable n\u2019en \u00e9tait sorti.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Liste des manuscrits non publi\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>La Maison du p\u00e8re (\u00e9bauche, ann\u00e9es 70)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ensemble de projets autour de la famille (\u00ab&nbsp;roman carrefour&nbsp;\u00bb): le p\u00e8re (essentiellement la maison), la m\u00e8re, ma s\u0153ur (Journal d\u2019H\u00e9l\u00e8ne) et moi (Journal de Nicolas), tout cela d\u00e9but des ann\u00e9es 70.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Po\u00e9sie. Chansons<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Journal (intermittent)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Autobiographie (voir la date o\u00f9 elle s\u2019arr\u00eate, car pour le commencement, c\u2019est depuis la naissance)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Journal de la colo. \u00c9velyne M* (\u00e9t\u00e9 70)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ma confession de masturbateur \u00e0 Philippe. \u00ab&nbsp;Histoire d\u2019une d\u00e9livrance&nbsp;\u00bb, dat\u00e9 69.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Chroniques de la vie enseignante, propos\u00e9es au \u00ab&nbsp;Monde de l\u2019Education&nbsp;\u00bb en 1982.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Voyage, sign\u00e9 Jean Lescale. Pi\u00e8ce radiophonique pour Radio-France, 1982.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Nouvelles, comprenant&nbsp;: Le voisin, Incipit, Parent\u00e8le, Le collaborateur, Mes connaissances, Les chaussettes du Pr\u00e9sident, Rappelez-moi votre nom, Le garage, L\u2019omoplate, La Tour Eiffel, La fin du livre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les silences du p\u00e8re, gros manuscrit comportant plusieurs versions.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Apocalypse ou (Suite et fin)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Famille (ann\u00e9e 86?)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019ordre du Mal&nbsp;(sign\u00e9 Bernard Mathon)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Liste des manuscrits publi\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Palette, po\u00e8mes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Anticonte, d\u00e9di\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00c0 Constance&nbsp;\u00bb (?) \u2014&nbsp;\u00c9crit \u00e0 Vingrau, chez Daniel Fargas. Illustr\u00e9 par moi. Je l\u2019avais fait lire \u00e0 mon prof de russe. Pour lui faire plaisir, j\u2019avais mis le mot \u00ab&nbsp;verste&nbsp;\u00bb dedans. Il n\u2019avait pas compris ce que ce mot russe venait faire l\u00e0-dedans&nbsp;! Publi\u00e9 dans \u00ab&nbsp;Saine Jeunesse&nbsp;\u00bb (?)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;D\u00eener de t\u00eates chez Lichel Pomac&nbsp;\u00bb, <em>Le Monde de l\u2019\u00c9ducation, juin 1982, p. 4.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Lecture freudienne de l\u2019affaire des diamants&nbsp;\u00bb, <em>Le Nouvel Observateur, n\u00b0&nbsp;788, 17-23&nbsp;d\u00e9cembre 1979, p.&nbsp;22-23.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Premi\u00e8re, suivi de En Seconde&nbsp;\u00bb, sign\u00e9 Philippe Belval, NRF n\u00b0&nbsp;506, mars 1995.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il oscillait entre deux postures, comme l\u2019insomniaque change de flanc&nbsp;: d\u2019un c\u00f4t\u00e9 reproduire, imiter, \u00e9tiqueter les choses, faire passer les mots, dans leur agencement, les bruits et les rythmes du monde, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, distiller le parler de tous les jours \u00e0 tant de degr\u00e9s d\u2019alambic qu\u2019on n\u2019y reconna\u00eetrait plus rien, dans l\u2019\u00e9lixir final, du fruit de d\u00e9part. Apr\u00e8s quinze jours de branlette mentale, il avait \u00e9jacul\u00e9 un \u00e9nonc\u00e9 d\u00e9finitif&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019enfer vert s\u2019av\u00e9rait inviolable&nbsp;\u00bb, pour dire qu\u2019au fond de son jardin, il y avait une for\u00eat tr\u00e8s touffue.<\/p>\n\n\n\n<p>Il aurait fallu tout quitter, travail, famille, et ne faire que \u00e7a, \u00e9crire, rien d\u2019autre, tout subordonner \u00e0 la suite des mots.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Critique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au lieu d\u2019\u00e9crire, il avait travaill\u00e9 sur les livres des autres, critique, journalisme. Comme un enfant fait du v\u00e9lo avec des roulettes qu\u2019on appelle stabilisateur&nbsp;: il avait besoin des livres des autres pour marcher, des b\u00e9quilles, et quand se lancerait-il tout seul? C\u2019\u00e9tait comme une attente, \u00e9crire une pr\u00e9face aux livres des autres, mettre des notes en bas des pages des livres des autres, tourner un article sur le livre des autres, de pr\u00e9f\u00e9rence des morts, de grands morts, des classiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Il avait ouvert un dossier&nbsp;: une id\u00e9e par jour. Il notait des id\u00e9es de critique.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Liste des id\u00e9es critiques&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Litt\u00e9rature et politique&nbsp;: les politiciens qui \u00e9crivent; les \u00e9crivains conduits \u00e0 la politique. Les m\u00e9taphores du politique dans le litt\u00e9raire<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Les Arts po\u00e9tiques<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;L\u2019\u00c9pistolaire<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Flaubaire et Baudelert (je sais)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Ma\u00eetres et disciples. De la filiation en art.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Les dictionnaires au XIXe&nbsp;si\u00e8cle<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Le r\u00eave du livre total<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;L\u2019\u00e9criture sur le corps<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Les maisons d\u2019artistes, le r\u00eave de la communaut\u00e9<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Les personnages qui sortent des livres<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;L\u2019anonymat<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Biographies des artistes qui ont renonc\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Critique de la critique<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Histoire du concept de litt\u00e9rature<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;\u00c9crire \u00e0 deux (Goncourt, Erckmann-Chatrian, Boileau-Narcejac)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Harmonie, analogie et correspondances au XIXe&nbsp;si\u00e8cle<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014&nbsp;Rapport photographie&nbsp;\/ litt\u00e9rature<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019\u00e9tait en attendant d\u2019\u00eatre saisi par une id\u00e9e d\u2019\u0153uvre \u00e0 lui, pas une id\u00e9e, mais une forme, une urgence \u00e0 \u00e9crire. Il n\u2019\u00e9crivait que dans l\u2019urgence absolue (l\u2019urgence de tuer le p\u00e8re, puis de se d\u00e9barrasser de son cadavre en le d\u00e9bitant en chapitres) et pourtant il y fallait du temps, de la lenteur. Son \u0153uvre critique se r\u00e9duisait \u00e0 ceci&nbsp;: une liste d\u2019id\u00e9es, qu\u2019il avait \u00e0 peine le temps de noter. Lecteur universel, d\u00e9sireux de tout conna\u00eetre, de peur que lui \u00e9chappe le livre essentiel, celui qu\u2019il attendait, celui qu\u2019il aurait aim\u00e9 \u00e9crire, celui qui le dispenserait d\u2019\u00e9crire le sien, il ne trouvait le temps que de lire les titres des livres, parfois le pri\u00e8re d\u2019ins\u00e9rer, plus rarement la premi\u00e8re page, jamais un livre complet, du d\u00e9but \u00e0 la fin<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lectures<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il avait fait aussi une liste de livres \u00e0 lire avant de mourir.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Liste de livres \u00e0 lire avant de mourir&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Broch, <em>La Mort de Virgile <\/em>\u2014&nbsp;Cohen, <em>Belle du Seigneur <\/em>\u2014&nbsp;Conrad, <em>Lord Jim<\/em> \u2014&nbsp;Faulkner, tout \u2014&nbsp;Dosto\u00efevski, <em>Les D\u00e9mons<\/em> \u2014&nbsp;Gontcharov, <em>Oblomov<\/em> \u2014&nbsp;Gombrowicz, <em>Ferdydurke<\/em> \u2014&nbsp;Pierre Jean Jouve, <em>Les Aventures de Catherine Crachat <\/em>\u2014&nbsp;Laurence, <em>L\u2019Amant de Lady Chatterley <\/em>\u2014&nbsp;Jarry \u2014&nbsp;Joyce, <em>Portrait de l\u2019artiste<\/em> \u2014&nbsp;Murger, <em>Sc\u00e8nes de la vie de boh\u00e8me<\/em> \u2014&nbsp;Nabokov, <em>Ada ou l\u2019ardeur <\/em>\u2014&nbsp;Nietzsche, <em>Ainsi parlait Zarathoustra <\/em>\u2014&nbsp;Melville, <em>Moby Dick<\/em> \u2014&nbsp;Mirbeau, <em>Le Jardin des supplices<\/em> \u2014&nbsp;Roussel \u2014&nbsp;Sade, <em>120 journ\u00e9es de Sodome<\/em> \u2014&nbsp;Saint-Augustin, <em>Les Confessions <\/em>\u2014&nbsp;Sterne, <em>Vie et opinions de Tristram Shandy <\/em>\u2014&nbsp;Villiers, <em>Tribulat Bonhomet<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Inventaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En mars-avril 1994, il avait fait l\u2019inventaire de ses carnets de travail, et la liste des projets de fiction.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Inventaire&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Un carnet \u2014&nbsp;La Maison. D\u00e9m\u00e9nagement<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Cahier \u2014&nbsp;Therdonne. \u00c9t\u00e9 1982.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Carnet \u2014&nbsp;Politique 1981.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Carnet \u2014&nbsp;Autobio, journal 1984.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Carnet \u2014&nbsp;\u00ab&nbsp;Sottisier r\u00e9volutionnaire&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Carnet noir \u2014&nbsp;\u00ab&nbsp;Courtes proses&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Rhodia \u2014&nbsp;H\u00f4pital Sabl\u00e9 1989<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Agenda (Gr\u00e8ce) \u2014&nbsp;Anne<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Classeur \u2014&nbsp;Filles<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Chemise rouge \u2014&nbsp;Filles<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Classeur rouge + cahiers \u2014&nbsp;Prof<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Chemise bleue \u2014&nbsp;Paris<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Chemise noire \u2014&nbsp;Justice<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Chemise jaune \u2014&nbsp;Ma\u00eetre&nbsp;\/ disciple<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Classeur vert \u2014&nbsp;\u00ab&nbsp;P\u00e8re disait&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Chemise blanche (Canada) \u2014&nbsp;Roman de la campagne<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Rhodia \u2014&nbsp;Hospitalisation du p\u00e8re<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Dossier \u2014&nbsp;\u00ab&nbsp;De tout un peu&nbsp;\u00bb&nbsp;: P\u00e8re m\u00e8re. Biblioth\u00e8que Canteleu. Th\u00e9\u00e2tre. Elle 2. Po\u00e8mes. Porcherie-clocher. C*-P*. Moi \u2014&nbsp;\u00c9loge de l\u2019imitation. Textes brefs \u2014&nbsp;Fragments comme \u00e7a. Maison. R\u00e9cits de r\u00eaves.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>M1 et M2 \u2014&nbsp;Lettre \u00e0 deux femmes<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Roman d\u2019amour dont vous \u00eates le h\u00e9ros.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Caisse Bizerte du P\u00e8re<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La photocopieuse<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Grand carnet rouge \u00e0 ramages \u2014&nbsp;Plusieurs projets&nbsp;: Grand homme. Ville. Biblioth\u00e8que. Photocopieuse. Divers.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Flaubert\u2019s Fictions \u2014&nbsp;Suicide de Cento. Suicide de la fille de Karl Marx. Heredia draguant Caro \u00e0 l\u2019enterrement. Le P\u00e8re Didon.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Dossier Mathon \u2014&nbsp;D\u00e9cibailbe<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Projet avec F* J*&nbsp;: \u00e9crire nos histoires d\u2019amour crois\u00e9es. \u00ab&nbsp;Portraits de femmes&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Courtes proses ou Quoi d\u2019autre&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mais aucun projet ne s\u2019imposait vraiment. Des feuilles \u00e9taient class\u00e9es \u00e0 part dans des chemises. Il aurait fallu les redistribuer autrement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le meilleur de lui, c\u2019\u00e9taient les textes \u00e0 la premi\u00e8re personne. Mais avant de parler \u00e0 la premi\u00e8re personne, il fallait s\u2019imposer avec un texte fort, se faire un nom par un d\u00e9tour, trouver une id\u00e9e \u00e0 la fois qui l\u2019impos\u00e2t, un truc \u00e0 la mode et pourtant original, inattendu qui r\u00e9pondrait \u00e0 une attente secr\u00e8te, un livre comme une r\u00e9ponse \u00e0 une question qu\u2019on n\u2019aurait pas eu l\u2019id\u00e9e de poser. \u00c0 chaque fois qu\u2019un livre sortait, dont il avait \u00e0 rendre compte, et qui lui plaisait, il r\u00e9agissait en jaloux qui voit une belle femme poss\u00e9d\u00e9e par un autre&nbsp;: il arrivait trop tard, l\u2019autre avait pris l\u2019id\u00e9e avant lui, comment n\u2019y avait-il pas pens\u00e9, c\u2019\u00e9tait \u00e0 la fois simple et efficace. Le livre fait pour aboutir \u00e0 un spectacle&nbsp;: chaque semaine, des \u00e9crivains apparaissaient dans la lucarne de leur livre. Il allait se couchait en se disant&nbsp;: la prochaine fois, ce sera mon tour.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Projets<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Projet d\u2019un livre qui s\u2019\u00e9crirait tout seul&nbsp;: il n\u2019y avait qu\u2019\u00e0 noter ce qui lui passait par la t\u00eate, ce qu\u2019il entendait \u00e0 la radio, dans la rue, les conversations, ce qu\u2019il lisait dans le journal (par exemple ceci&nbsp;: un amoureux loue les espaces publicitaires des autobus d\u2019Orl\u00e9ans pour dire sa passion). Au bout du compte, la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait romanesque. (\u00ab&nbsp;Paris. Il pensait que dans cette ville romanesque, les livres s\u2019\u00e9crivaient seuls. Il suffisait de suivre un ivrogne qui parlait tout haut, de relever les graffitis sur les murs. La vie parlait. Il \u00e9tait son secr\u00e9taire.&nbsp;\u00bb) Ou \u00e0 l\u2019inverse, une \u0153uvre qui serait le r\u00e9sultat de contraintes tellement fortes que les moindres lettres, les moindres mots feraient syst\u00e8me, aussi serr\u00e9s que les mots dans une grille de mots crois\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Projet d\u2019un livre \u00e9crit selon une double s\u00e9rie de contraintes&nbsp;: un \u00e9v\u00e9nement personnel (une lettre re\u00e7ue, etc.) et un \u00e9v\u00e9nement des infos. En plus, compliquer en ins\u00e9rant, tous les jours, une question du jeu des mille francs.<\/p>\n\n\n\n<p>Projet du livre \u00e9crit pour les morts&nbsp;\/ pour les vivants. Un livre secret \u00e0 donner \u00e0 lire \u00e0 personne, \u00e0 une personne, \u00e0 tout le monde. Pseudonyme ou nom r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<p>Projet d\u2019un livre inculte ou recherch\u00e9. \u00ab&nbsp;Autrefois, j\u2019\u00e9crivais comme quelqu\u2019un qui ne sait pas \u00e9crire. Bon, Redonnet. Maintenant, ce serait plut\u00f4t celui qui sait trop bien \u00e9crire. Proust, Genet. Mais l\u2019h\u00e9sitation s\u2019est d\u00e9plac\u00e9e entre la forme courte, ma\u00eetris\u00e9e (les petits classiques d\u2019aujourd\u2019hui) et la nappe lyrique (Berhnard, Aragon)&nbsp;\u00bb (<em>Carnet rouge reli\u00e9<\/em>, 25 juin 1991).<\/p>\n\n\n\n<p>Projet d\u2019un livre o\u00f9 pas un mot des autres ne figurerait&nbsp;\/ projet d\u2019un livre fait enti\u00e8rement de citations, sans un mot de moi.<\/p>\n\n\n\n<p>[Beaucoup plus tard, 15 ao\u00fbt 2000, je trouve cette citation de Christine Buci-Glucksmann&nbsp;: &nbsp;\u00ab&nbsp;\u00c0 la limite, l\u2019id\u00e9al du m\u00e9lancolique consiste \u00e0 \u00e9crire un livre de citations [qui lui assure] une filiation symbolique livresque, morte-vivante, qui lui fait office de subjectivit\u00e9 d\u00e9subjectiv\u00e9e&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;L\u2019\u0153il de la pens\u00e9e&nbsp;\u00bb, <em>L\u2019\u00c9crit du temps<\/em>, n\u00b0&nbsp;13, printemps 1987, p.&nbsp;31)]<\/p>\n\n\n\n<p>Les projets s\u2019entrecroisaient. En fait, il avait l\u2019id\u00e9e d\u2019un roman total, d\u2019un hyper-roman qui contiendrait tous ses projets, qui les prendrait tous \u00e0 revers et en travers, en \u00e9charpe (il aimait bien cette expression&nbsp;: prendre en \u00e9charpe, il y entendait le cache-col qui prot\u00e8ge, la violence de l\u2019\u00e9charpage, et, par confusion, la blessure de l\u2019\u00e9charde de bois qui s\u2019enfonce dans la chair, sous l\u2019ongle). L\u2019hyper-roman tiendrait \u00e0 la fois de l\u2019autobiographie, du po\u00e8me, du roman.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa derni\u00e8re id\u00e9e de synth\u00e8se consistait \u00e0 regrouper ses essais sous un titre g\u00e9n\u00e9rique, par exemple, Le livre des livres, compos\u00e9 de petits livres&nbsp;: livre de mon p\u00e8re, livre de ma m\u00e8re, livre des femmes, livre des enfants, mon livre, etc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>H\u00e9t\u00e9ronymes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9clinaison des h\u00e9t\u00e9ronymes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Philippe Belval, l\u2019autobiographe. Celui qui dit <em>je<\/em>. Ma grand-m\u00e8re maternelle s\u2019appelait Beauval, de son nom de jeune fille, mais il existe un Fran\u00e7ois Beauval, \u00e9diteur. Je modifie le nom pour \u00e9viter la confusion&nbsp;: Belval semble sortir d\u2019un r\u00e9cit de Maupassant. C\u2019est le c\u00f4t\u00e9 NRF, prose coup\u00e9e, contenue, la densit\u00e9 litt\u00e9raire, m\u00e9taphorique \u00e0 niveaux superpos\u00e9s de lecture&nbsp;: amour (bio), litt\u00e9rature (genre litt\u00e9raire&nbsp;: th\u00e9\u00e2tre, \u00e9criture scolaire), amour et \u00e9criture, amour <em>de<\/em> l\u2019\u00e9criture, \u00e9criture de l\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Bernard Mathon, l\u2019impr\u00e9cateur. Le nom vient de Thomas Berhnardt, et du nom de jeune fille de ma m\u00e8re. Sa place litt\u00e9raire est entre Rabelais, C\u00e9line, Bernhardt. Du c\u00f4t\u00e9 de la coul\u00e9e, du flux, la machine \u00e0 produire du langage.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;le po\u00e8te (sans nom \u00e0 ce jour)<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;le romancier des choses, auteur de nouveau roman. Il dit <em>il<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;un autre h\u00e9t\u00e9ronyme qui tiendrait la chronique familiale. Le romancier de l\u2019intime, des vies entrem\u00eal\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour chacun, j\u2019invente une biographie cr\u00e9dible aupr\u00e8s des \u00e9diteurs, qui justifie ma position d\u2019interm\u00e9diaire (et me permets de toucher des droits d\u2019auteur, car mon premier ch\u00e8que est arriv\u00e9 libell\u00e9 au nom de Philippe Belval&nbsp;!). Dire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019anciens \u00e9tudiants emp\u00each\u00e9s, sans compte en banque. Belval est dans un monast\u00e8re. Mathon en prison. Le troisi\u00e8me \u00e0 l\u2019asile. Lieux clos. Trois hypostases de la cl\u00f4ture int\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Non-\u00e9criture<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Catalogue des livres non-\u00e9crits, par le m\u00eame auteur&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>[extrait d\u2019une chemise intitul\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;Une id\u00e9e par jour&nbsp;\u00bb, d\u2019apr\u00e8s le mot d\u2019un p\u00e8re, fatigu\u00e9 de sa fille&nbsp;: \u00ab&nbsp;Elle a une id\u00e9e par jour&nbsp;\u00bb. Pas une id\u00e9e en l\u2019air, mais une id\u00e9e \u00e0 changer le monde et la vie, qui ne vous laisse pas intact le soir.]<\/p>\n\n\n\n<p>Ces id\u00e9es peuvent donner lieu \u00e0 un long roman, \u00e0 une tr\u00e8s courte nouvelle, \u00e0 un po\u00e8me en prose, se scinder en sous-unit\u00e9s, au contraire se combiner \u00e0 d\u2019autres comme fil d\u2019un roman complexe.<\/p>\n\n\n\n<p>+ Un roman europ\u00e9en \u2014&nbsp;le Tour d\u2019Europe, \u00e0 travers les pays, les langues (Joyce), les litt\u00e9ratures.<\/p>\n\n\n\n<p>+ Maupassant aujourd\u2019hui, \u00e9crivant des nouvelles de b\u00e2tards modernes, n\u00e9s de f\u00e9condation <em>in vitro<\/em>, de ventres \u00e0 louer, de m\u00e8res et grands-m\u00e8res porteuses, avec recherche de p\u00e8res donneurs de sperme anonyme, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>+ L\u2019histoire des enfants pas n\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>+ Un type qui fait le tour du monde, de MacDo en MacDo et de Holliday Inn en Holliday Inn, mangeant couchant dans la m\u00eame cha\u00eene, de hamburgers, de Coca-Cola, retrouvant dans sa petite chambre une disposition similaire de l\u2019ameublement.<\/p>\n\n\n\n<p>+ R\u00e9cit simultan\u00e9 de ce qui passe dans le monde \u00e0 un moment donn\u00e9. \u00ab&nbsp;Ce jour-l\u00e0.&nbsp;\u00bb J\u2019ai achet\u00e9 une \u00e9dition de tous les journaux fran\u00e7ais le jour du drame de Furiani. Avec l\u2019id\u00e9e de romancer l\u2019actualit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire de monter les \u00e9v\u00e9nements en syst\u00e8me romanesque total. Vieux v\u0153u, je me souviens, des d\u00e9buts de <em>Lib\u00e9ration<\/em>&nbsp;: d\u00e9cloisonner les secteurs, politique, soci\u00e9t\u00e9, justice, \u00e9conomie, sports, culture, m\u00e9t\u00e9o, m\u00e9dias, t\u00e9l\u00e9vision, etc., au profit d\u2019un texte unique, global, qui brasserait tous les domaines et ferait sauter les fronti\u00e8res entre les colonnes des pages. On verrait que tout est politique, que tout est culturel, que tout est spectacle, que le sport, ph\u00e9nom\u00e8ne social, rel\u00e8ve de la m\u00e9decine autant que de la m\u00e9t\u00e9o, etc. Dans les kiosques, le roman du matin.<\/p>\n\n\n\n<p>+ Un roman \u00e9crit uniquement avec les litotes technocratiques (par exemple&nbsp;: les d\u00e9faillances des entreprises pour les faillites) et les expressions du jour&nbsp;: <em>acter, les m\u00e9tiers de bouche, contre-productif, flux tendu, un gisement de comp\u00e9tences, manque de lisibilit\u00e9 de la strat\u00e9gie commerciale, maximiser, directeur des ressources humaines, un segment de voitures, z\u00e9ro d\u00e9faut<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>+ Roman \u00e0 la premi\u00e8re personne&nbsp;: Pour qui je me prends? \u00c0 chaque fois, un mod\u00e8le diff\u00e9rent; j\u2019essaie des personnalit\u00e9s, j\u2019enfile des identit\u00e9s avant de sortir.<\/p>\n\n\n\n<p>+ La photocopieuse, personnage principal d\u2019un roman policier<\/p>\n\n\n\n<p>+ Un roman d\u2019amour dont vous \u00eates le h\u00e9ros, avec bifurcations, choix, dont la mati\u00e8re serait fournie par mes histoires sentimentales.<\/p>\n\n\n\n<p>+ Histoire d\u2019amour&nbsp;: une femme a aim\u00e9 un homme, maintenant pr\u00e9sentateur de t\u00e9l\u00e9. Tous les soirs, s\u2019habille avec la robe qu\u2019il aimait. Quand il appara\u00eet, embrasse le poste.<\/p>\n\n\n\n<p>+ Roman de l\u2019\u00e9crivain qui fait un livre selon les statistiques d\u2019un public cibl\u00e9 \u00e0 qui il veut plaire.<\/p>\n\n\n\n<p>+ Biographie d\u2019un r\u00e9visionniste critique litt\u00e9raire. Coh\u00e9rence dans la pens\u00e9e de Ren\u00e9 Faurisson&nbsp;: n\u00e9gation du g\u00e9nie de Rimbaud, de Lautr\u00e9amont; n\u00e9gation des faits historiques.<\/p>\n\n\n\n<p>+ Un texte qui comporterait, \u00e0 titre de contraintes, les mots, ou expressions, ou situations suivants&nbsp;: (phrases absurdes et pourtant vraies, \u00e9nonc\u00e9s bizarres, paradoxes, rencontres sonores \u00e9tranges)&nbsp;: l\u2019Ukraine craint la Russie. Davidoff s\u2019est \u00e9teint. L\u2019\u00e9quipe de France de foot, compos\u00e9e de Camerounais, rencontre l\u2019\u00e9quipe du Cameroun. Un cadre quadra. Des roses jaunes. Prendre un th\u00e9 dans un caf\u00e9. Un r\u00e9volutionnaire, ancien conservateur de biblioth\u00e8que. Un pull en jersey, de Guernesey. Un colis d\u2019un kilo. Une goutte d\u2019eau qui fait tache d\u2019huile. Une pute v\u00eatue d\u2019un pull en pure laine vierge. Un Argentin d\u00e9sargent\u00e9. Un sauna finlandais, une omelette norv\u00e9gienne, des allumettes su\u00e9doises. De sa main gauche, elle \u00e9tait maladroite. Un magasin ouvert les jours ouvrables.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deux en un<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Son r\u00eave, c\u2019\u00e9tait de faire d\u2019une pierre deux coups, de courir sur le papier deux li\u00e8vres \u00e0 la fois, l\u2019id\u00e9e critique produisant son double dans la fiction. Il travaillait sur deux longueurs d\u2019onde, prenant des notes pour deux projets diff\u00e9rents, l\u2019un objectif, l\u2019autre subjectif. Par exemple, ce roman du p\u00e8re qu\u2019il lui faudrait bien \u00e9crire, il l\u2019\u00e9tayait d\u2019un travail de recherche sur la question de la paternit\u00e9 et de la filiation dans la litt\u00e9rature du XIXe&nbsp;si\u00e8cle. Ainsi chaque point se d\u00e9doublait en id\u00e9e sur les autres, et en pression interne. Il ne pouvait s\u2019atteler \u00e0 un projet critique que s\u2019il comportait une dimension personnelle et son int\u00e9r\u00eat autobiographique ne s\u2019\u00e9veillait que l\u00e0 o\u00f9 se rejoignaient un fait priv\u00e9 et la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 d\u2019une question \u00e0 traiter en dehors de lui, d\u00e9bordant son cas particulier.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Liste des sujets doubles, \u00e0 la fois critique et fiction&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>= le roman du p\u00e8re \/ la question de la paternit\u00e9 dans la litt\u00e9rature du XIXe si\u00e8cle<\/p>\n\n\n\n<p>= \u00e9loge de l\u2019imitation \/ l\u2019imitation dans les arts po\u00e9tiques; livre sur le plagiat, histoire et pratique<\/p>\n\n\n\n<p>= p\u00e8re et fils \/ ma\u00eetres et disciples dans l\u2019histoire des Arts<\/p>\n\n\n\n<p>= autobiographie sexuelle \/ histoire des relations entre litt\u00e9rature et sexualit\u00e9; texte et sexe, \u00e9criture et masturbation<\/p>\n\n\n\n<p>= mes histoires d\u2019amour, sous forme d\u2019un roman en jeu de r\u00f4le, structur\u00e9 comme une Carte du Tendre, avec les \u00e9tapes oblig\u00e9s d\u2019un parcours \/ dire l\u2019amour dans les romans<\/p>\n\n\n\n<p>= autobiographie de la perte \/ la m\u00e9lancolie au XIXe&nbsp;si\u00e8cle<\/p>\n\n\n\n<p>= *** \/ les filles dans le roman naturaliste, le mythe de l\u2019actrice et de la danseuse au XIXe&nbsp;si\u00e8cle<\/p>\n\n\n\n<p>= le tombeau du p\u00e8re \/ \u00e9criture et monument; le tombeau comme genre artistique (musique, litt\u00e9rature)<\/p>\n\n\n\n<p>= lettres de moi \/ essai sur l\u2019\u00e9pistolaire<\/p>\n\n\n\n<p>= mon voyage en Tunisie \/ cours sur l\u2019exotisme, le r\u00e9cit de voyage, la litt\u00e9rature coloniale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Exit<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant il se consolait, en se disant&nbsp;: je n\u2019ai pas fait de livre dans ma vie, alors vivre, ce sera mon livre. Partageant l\u2019id\u00e9e commune qu\u2019il faut vivre avant d\u2019\u00e9crire, il vivait, en attendant. Ma vie, mon \u0153uvre. Je n\u2019aurais pas r\u00e9ussi une \u0153uvre, au moins r\u00e9ussir ma vie, faire de ma vie une \u0153uvre d\u2019art, des filles, un fils. J\u2019aurais aim\u00e9 \u00e9crire sur le p\u00e8re, me d\u00e9barrasser de la question du p\u00e8re, pour devenir enfin fils de mes \u0153uvres, enfant\u00e9 par mon livre sur le p\u00e8re, reconnu par des lecteurs comme l\u2019auteur de ce livre-l\u00e0, qui aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois mon acte de naissance et le tombeau du p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Il vieillissait sans \u00e2ge. \u00c0 son \u00e2ge, Baudelaire \u00e9tait mort, Proust n\u2019en avait plus pour longtemps. Quant \u00e0 Rimbaud, il d\u00e9sesp\u00e9rait. Pierre Michon ne s\u2019en \u00e9tait jamais remis&nbsp;: il n\u2019\u00e9tait pas Rimbaud. Il ne suffisait pas de manquer de p\u00e8re pour \u00eatre Rimbaud. Il se consolait en pensant aux cr\u00e9ateurs qui avaient produit sur le tard, qui avait commenc\u00e9 tard ou qui avait donn\u00e9 leurs plus belles \u0153uvres dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de leur vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le coll\u00e8gue A* B*, dans les colloques, sit\u00f4t qu\u2019on pronon\u00e7ait devant lui le nom de quelqu\u2019un qui avait publi\u00e9 quelque chose&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mais quel \u00e2ge a-t-il&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Peur d\u2019\u00eatre plus vieux, et d\u2019en avoir fait moins.<\/p>\n\n\n\n<p>Gil n\u2019avait pas su choisir entre je et il, Gil.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans \u00ab&nbsp;retraite&nbsp;\u00bb, j\u2019entends \u00ab&nbsp;retrait&nbsp;\u00bb, le retranchement (rentrer \u00e0 couvert de la tranch\u00e9e), le pas de c\u00f4t\u00e9, le d\u00e9brayage, la lenteur&nbsp; qu\u2019on s\u2019autorise.En \u00ab&nbsp;activit\u00e9&nbsp;\u00bb, j\u2019\u00e9tais actif, hyperactif, productif, dans l\u2019urgence, jusqu\u2019aux urgences (celles du SAMU). Vient le temps de prendre le temps, depuis qu\u2019on sait qu\u2019on n\u2019aura pas le temps de tout faire.L\u2019\u00e2ge venant, et m\u00eame [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[22,2],"tags":[],"class_list":["post-291","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bilans","category-je"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/291","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=291"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/291\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":330,"href":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/291\/revisions\/330"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=291"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=291"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/yvanleclerc.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=291"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}